16 décembre 2008
Le piège du travail dominical libéralisé : mais à qui profiterait-il donc ?
Humaniste traditionaliste à la recherche d’une sagesse fraternelle et mesurée, Georges Duhamel écrivait : « Le dimanche n'est pas un jour normal, physiologique, c'est un hiatus, une solution de continuité dans la trame des jours vivants ». Septième jour de la semaine dans le calendrier civil, le dimanche a toujours été une journée privilégiée. Ce temps de repos dominical et laïc constitue en effet une coupure ressentie par une majorité de personnes comme vitale : indispensable à l’équilibre physique et mental ainsi qu’à l’épanouissement de la cellule familiale.
S’il est évident que travailler le dimanche est nécessaire dans certaines professions de service, sa généralisation ne constituerait sûrement pas un progrès pour notre société. Au contraire, une régression sociale de plus et une avancée supplémentaire vers l’assimilation de l’être humain à un outil de production focalisé sur sa performance et négligeant son bien-être. En raccourci, à une personne-machine. Car la machine n’a pas besoin de repos et on est capable d’augmenter sans cesse son rendement…
Possibilité illusoire d’accroître ses revenus, cette disposition, en débouchant sur davantage de services disponibles le dimanche, profiterait essentiellement à ceux qui bénéficient de plus de temps libre, d’une plus grande souplesse d’organisation et de revenus plus élevés, et qui ne sont pas épuisés par leur activité professionnelle. En un mot, les déjà nantis. Tandis que les autres se fatigueraient encore un peu plus, perdant de surcroît leur repère dominical et leur équilibre familial. Notre président hyperactif veut donner l’impression de pouvoir travailler 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Mais pendant combien de temps ? Et qui donc veut le suivre ? Arrêtons cette course folle qui nous conduit à notre déshumanisation, partant à notre perte. Travaillons mieux pour vivre plus, et non pas plus pour vivre moins.
Stéphane GAYET, conseiller municipal MoDem
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